Les discriminations à l’embauche

Les discriminations à l’embauche constituent un obstacle majeur pour l’accès à l’emploi des personnes d’origine étrangère. Notamment, avoir un nom de famille d’origine maghrébine diminuera de 40% les chances d’être convoqué à un entretien d’embauche.

Généralités

Quand on parle de discriminations à l’embauche, on parle avant tout de la population d’origine immigrée en provenance d’Afrique et du Moyen-Orient. Mais ce peut être également une discrimination à l’encontre des personnes de plus de 50 ans, ou des femmes quand il s’agit de postes à responsabilités.

La grande difficulté réside non pas seulement en l’obtention d’un travail, mais avant tout d’une simple convocation à un entretien. Ainsi, nombre d’employeurs auront tendance à jeter les CV des personnes ayant un nom à consonnance arabe ou africaine, ou, à compétence égale, à privilégier un CV d’une personne avec un nom de famille français ou européen.

Statistiques : réalité des discriminations à l’embauche en France

De nombreuses études ont démontré la réalité des discriminations à l’embauche. Il est difficile de prouver que l’on a été discriminé lors d’un dépôt de CV, c’est pourquoi ces études sont importantes.

Le principe est simple : les chercheurs envoient un certain nombre de CV fictifs à des employeurs, et comparent les offres d’entretien entre les CV avec nom étranger, généralement maghrébin, et avec nom français. Le résultat est sans appel, les personnes d’origine étrangère ont un handicap de près de 40%, que cela soit pour les femmes maghrébines que pour les hommes.

Outils législatifs et solutions ?

Il existe bien des lois pour essayer d’endiguer la discrimination à l’embauche. L’article L1132-1 du Code du travail dispose qu’ « aucune personne ne peut être écartée d’une procédure de recrutement ou de l’accès à un stage ou à une période de formation en entreprise » en fonction de ses origines. Les études rappelées ci-dessus montrent également qu’un CV avec nom maghrébin mais dont une compétence de maîtrise de la langue française est clairement mentionnée, sera moins discriminé.

Ainsi, on peut voir que certains employeurs cherchent à être rassurés de l’intégration des personnes concernées avant de proposer un entretien. On pourrait cependant dire que cela est un comble, car l’intégration passe avant tout par l’emploi ! On peut donc en conclure malgré tout qu’une formation à la langue française, et au delà une intégration active pré-embauche par des organismes sociaux tels que Pôle emploi, peuvent aider à résoudre une partie du problème.