Emploi et création
Les Clubs Partenaires pour Agir ont tenu à Nancy, le 21 juin 2006, dans les locaux de l’ENACT2 (le centre régional du CNFPT, l’organisme qui gère la formation de la fonction publique) une rencontre sur le thème « l'emploi transfrontalier et le développement territorial dans le Grand Est ».
Ce séminaire fait partie du projet des Clubs Partenaires pour Agir des cinq régions du Grand Est pour explorer la thématique des coopérations transfrontières. Il sera suivi d’un séminaire fin 2006 sur le thème des conurbations urbaines ou réseaux de villes, puis de travaux sur les coopérations entrepreneuriales et le développement économique.
Les échanges ont abordé trois aspects de ces questions.
1 – Le rapport emploi / développement territorial dans les espaces frontaliers
Quel est la logique propre de ces espaces charnières (marqués par des migrations pendulaires entre le lieu de résidence et le lieu de travail , où 10% des actifs mosellans par exemple travaillent de l’autre côté de la frontière, où il y a autant de frontaliers en Alsace et en Lorraine que d’inscrits à l’Anpe) ? Territoires dortoirs ou espaces de re développement ? Ces espaces ont une vraie consistance du point de vue du développement, qu’il faut cependant construire en recherchant des retombées en retour à ces migrations pendulaires domicile travail.
Quelles sont les situations dans les autres zones transfrontalières en Europe ? Comment faire face à l’inversion de la situation de la France comme pays d’accueil des frontaliers au XIX° et XX° siècle en des problématiques inversées aujourd’hui ? Aux rapports antérieurs mettant l’accent sur des relations plus culturelles (tradition de jumelage par exemple) s’imposeraient aujourd’hui des rapports de force purement économiques.
2 – L’organisation de ce développement local « durable » dans les espaces charnières transfrontaliers
Quelles politiques pour favoriser un développement transfrontière plus endogène localement et à long terme, plus créateur de services de proximité , de commerces, d’équipements sociaux, éducatifs, d’infrastructures adaptés aux nouvelles dimensions de ces territoires ? Comment partager les avantages (en matière d’emploi, de fiscalité, de protection sociale,..) d’une situation dans un autre pays avec une contribution locale en matière de services ? Par quelles politiques fiscales, foncières, éducatives, en matière d’infrastructures, .. rendre attractif et compétitif les territoires soumis à ces migrations pendulaires ? Où sont les marges de manœuvre des acteurs politiques pour développer des politiques adaptées et actives ? Quelle réponse face à l’émiettement et l’empilement administratif des structures en France ? Le champ des 5 régions du Grand Est constitue-t-il un espace approprié pour réagir et proposer d’autres politiques à cette échelle ?
Quels sont les enjeux et positions des autres états et régions européennes frontalières face à ces questions ? Comment se manifeste la longueur d’avance de certains Länder qui ont impulsé depuis longtemps des coopérations transfrontières (Rhénanie Nord Westphalie avec les Pays Bas par exemple) ? Comment inciter les acteurs eux-mêmes à lancer des coopérations à ces échelles (comme par exemple le cancéropôle Grand Est avec d’autres états et régions proches) ?
3 – La territorialisation de l’emploi au sein des maisons de l’emploi face à la mutation stratégique que constitue cette dimension transfrontière pour le développement du Grand Est
Le développement de l’emploi passe par une territorialisation des politiques d’emploi à laquelle vise à répondre le dispositif des maisons de l’emploi. Il passe aussi par la capacité des acteurs locaux (en réseaux avec les autres sources de production de connaissances ) à anticiper et permettre une veille active sur les mutations de leurs territoires. C’est un des éléments du cahier des charges des projets de maisons de l ’emploi. Il passe aussi par une meilleure gestion prévisionnelle des compétences et des emploi sur les territoires. Le changement de posture face à la prise en compte de la dimension transfrontière du développement des régions du Grand Est correspond à la prise de conscience de cette mutation stratégique, que les maisons de l’emploi doivent sans doute intégrer.