Emploi et création
Lors de sa réunion du 23 septembre 2008, le Conseil d’orientation pour l’emploi, une instance placée auprès du Premier ministre (et qu’il ne faut pas confondre avec le Conseil national de l’emploi) a décidé de s’intéresser… à l’orientation.
Bernard Saint-Girons, délégué interministériel à l’orientation a présenté un état des lieux des politiques relatives à l’orientation menées actuellement en France, mais la partie la plus intéressante aura été la présentation de Bernard Hugonnier, directeur adjoint pour l’éducation à l’OCDE, l’organisme de coopération économique internationale basé à Paris.
Bernard Hugonnier s’interrogeait sur quelle politique publique en matière d’Orientation professionnelle ?
Concernant l’orientation des adultes, il a souhaité développer des services « qui sont encore sous-développés dans de nombreux pays ». Pour lui, il ne faut pas mettre uniquement l’accent sur les possibilités d’emploi à court terme mais plutôt sur les perspectives d’évolution professionnelle à long terme.
Il a suggéré de favoriser le développement de guichet unique rassemblant le service de l’emploi, l’aide sociale et l’orientation en se basant sur des exemples aux Pays-Bas, en Angleterre, en Irlande du Nord, au Canada, en Norvège, et aux États-Unis.
Bernard Hugonnier considère qu’il faut « investir dans la formation des conseillers d’orientation » et veiller à l’impartialité des conseils, notamment au sein des conseils d’orientation assurés par les entreprises. Pour cela, il suggère de faire le pont entre orientation professionnelle et formation permanente (Autriche, Danemark, Espagne) d’une part, et d’autre part avec la reconnaissance des acquis de l’expérience (Canada, Norvège, Pays-Bas).
Ensuite, Bernard Hugonnier a passé en revue quatre stratégies pour l’orientation des adultes :
- intégrer les centres de formation et les services d’orientation (Autriche, Danemark) ;
- avoir les agences publiques pour l’emploi intégrant les centres d’orientation (Allemagne, Norvège) ;
- intégrer les services OP dans des partenariats locaux impliquant les services de l’emploi, les universités, les centres de formation permanente, les employeurs, les syndicats et les ONG (Canada, Angleterre, Danemark) ;
- avoir recours au marché (Pays-Bas).
Selon le directeur de l’OCDE, aucune stratégie ne répond pleinement à tous les besoins. Il en a donc appelé à des « partenariats publics-privés locaux ». Ceux-ci auraient, d’après lui, l’avantage d’assurer des services plus accessibles, plus ciblés. Ils permettraient une plus haute réactivité et assureraient une implication de tous les décideurs. Enfin, ils conduiraient à une parfaite intégration de tous les services au niveau local.
Il y a bien quelques risques pour Bernard Hugonnier, ceux d’avoir des services de qualité différente selon les régions et une adéquation entre offre et demande
faible au niveau national. Pour les éviter, il propose de mettre en place un service d’assurance qualité et un système de correspondance interrégionales.
Bernard Hugonnier