Emploi et création

La mission sénatoriale d'information sur la pauvreté et l’exclusion a procédé à l'audition de Maria Nowak, présidente de l'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie) le 25 mars 2008.

Maria Nowak a estimé que le principe du microcrédit « repose sur l'idée que tout homme est capable de créer par lui-même de la richesse avec du travail et du capital ». Pour elle, « le travail indépendant est une voie d'insertion en plein essor grâce au développement des services à la personne et des nouvelles technologies de l'information et de la communication ». Constatant « l'essor du secteur informel » elle a regretté que « les activités rencontrent des difficultés de développement dans un cadre actuellement trop contraignant. »

Maria Nowak s’est félicitée des avancées obtenues citant d’abord la loi du 15 mai 2001 relative aux nouvelles régulations économiques qui a autorisé les associations à emprunter pour prêter, ce qui permet de réduire le coût du crédit. Ensuite, la loi Dutreil du 2 août 2005, en levant le taux d'usure, « a diminué le coût du microcrédit pour les associations », considérant que « le poids pour l'emprunteur reste néanmoins minime. »

La présidente de l’Adie considère également que plusieurs dispositions ont amélioré l'environnement institutionnel des micro-entreprises : prime pour les bénéficiaires de minima sociaux, amélioration de l'aide aux chômeurs créateurs d'entreprises, régime de cotisations sociales réduites pour les très petites entreprises.

Maria Nowak a souhaité que le projet de loi sur la modernisation de l'économie assure une « égalité de traitement des travailleurs indépendants et salariés, meilleure prise en compte du secteur informel, aménagement du taux des cotisations sociales en fonction de l'activité des entreprises, suppression des contraintes qui encadrent l'exercice de certains métiers et en restreignent l'accès, augmentation de l'offre de locaux professionnels en favorisant l'aménagement de garages vacants. »

Maria Nowak s'est dite convaincue que « la création d'entreprise était à la portée de tous ». Elle a regretté que « seuls 4 % des chômeurs créent leur propre entreprise », puis estimé « raisonnable de fixer un objectif de 10 à 15 % dans un avenir proche ». Pour la fondatrice du Réseau européen du microcrédit, « la diversité des activités relevant la création d'entreprise la rendait accessible à tous, y compris aux personnes ne maîtrisant pas notre langue. »

L’ancienne conseillère de Laurent Fabius a constaté l’augmentation de la participation des collectivités territoriales aux frais de fonctionnement de son association mais a déploré la diminution de celles de l'Etat et de l'Union européenne.


 Maria Nowak, Adie 
Mer 14 mai 2008 Aucun commentaire