Grève, crise politique, dette, rigueur… Le pays chaunois et les communes de Chauny et Tergnier se situent bien dans l’Aisne, en Picardie, pas en Grèce.
Résumons la situation. Labellisée au titre du plan de cohésion sociale en janvier 2006, la Maison de l’emploi et de la formation du pays chaunois (MEF) fusionne début 2010 avec la mission locale et est présidée par Gilbert Brassart, adjoint au maire de Chauny (Ump). Elle compte 34 salariés. La mission locale est devenue un service de la MEF.
En mai 2011, pour faire face à un important déficit, le président engage 7 licenciements, contestés par le syndicat Synami Cfdt et plusieurs élus. Le 30 juin, le président de la MEF, Gilbert Brassart, devait faire adopter le budget qui incluait les mesures sociales ; mais il démissionne, et la procédure s’arrête.
Le 2 septembre 2011 se tient un nouveau conseil d'administration. Michel Carreau, conseiller général (Pcf) est candidat au poste de président, mais il n’est pas élu. Il ne recueille que trois voix sur neuf, selon le quotidien régional L'Union (3/09/2011). L’impétrant évoque un « blocage politique. »
Une semaine plus tard, c’est le député Jacques Desallangre (parti de gauche), président de la communauté de communes Chauny-Tergnier, qui est élu président. À 76 ans, il indique avoir décidé d’assumer le poste « face à la gravité de la situation et dans l'intérêt du territoire », mais c’est « en désespoir de cause » selon L’Aisne nouvelle. La syndicaliste Édith Pigeault (Cfdt) évoque une « démarche constructive » de la part des administrateurs (L'Union, 9/09/2011). Mais le nouvel élu, s’il assure qu’il n’y va pas « la fleur au fusil » n’est pas d’un optimisme total « les chiffres parlent et ils ne sont pas en notre faveur ». Il indique qu'il y a eu « quelques erreurs de stratégie » et veut, pour les réparer, s’appuyer sur un nouveau directeur après le départ d'Antonio Terra.
Les décisions tombent en novembre. Ce sera un plan de rigueur pour 2012 (L'Union, 4/11/2011), baptisé par le président «plan de redémarrage » pour les 26 salariés restants. L’allègement de la structure se poursuit, avec la suppression de quatre postes sur les sept que comptait l’équipe de direction.
Le directeur lui-même ne se consacrera pas uniquement à l’association : Patrick Boutillier, responsable de la MEF de Laon (Aisne), assume la fonction dans le cadre d'un partenariat. Par contre, deux conseillers sont réembauchés parmi les salariés licenciés au cours de l’été.
Il reste que les mesures de réduction des coûts ne peuvent suffire à résorber un déficit qui avoisine 140 000 euros. Jacques Desallangre entend demander « un effort exceptionnel » aux financeurs, État, conseil régional et communautés de communes.
Ø Voir Chauny-Tergnier : plus six, moins un, 4/07/2011, Chaunois : variable d'ajustement - Emploi et création, 24/05/2011 et Chauny-Tergnier : ne pas laisser tomber l’accompagnement, 16/06/2011.
Le
personnel de la MEF lors d'une grève en mai 2011

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