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Paul Santelmann, responsable de la prospective à l’AFPA (Association pour la formation professionnelle des adultes), a trouvé que mon résumé de la réunion du 23 mai du Grenelle de l’insertion présentait son intervention « de façon un peu réductrice », ce dont je lui donne acte. Voici donc une synthèse de ses préconisations sur la question, datée du 8 juin 2008.
On retrouvera une de ses contributions au Grenelle de l’insertion sur son blog.
A) Quelques principes de base
1) Le crédit de tout système de formation professionnelle tient dans le rapport de confiance qu’il a établi avec les employeurs et les salariés. Toute politique d’emploi ou de formation qui, au nom des intérêts des personnes les plus fragiles sur le marché du travail, amoindrirait ce lien conduirait à l’inverse du résultat attendu.
2) En dehors d’une petite minorité en rupture sociale lourde, la grande masse des populations concernées par les politiques d’insertion n’a pas un profil (rapport au travail et aux savoirs) très différent des salariés occupant les emplois les plus dépréciés ou ayant les statuts d’emploi les plus précaires. Dans un contexte où il s’agit d’écourter les périodes de non activité et de chômage les politiques de formation doivent s’adresser simultanément à ces deux populations.
3) L’engagement en formation des personnes en (re)insertion est conditionné par un double enjeu : le retour à l’emploi mais aussi la perspective d’évoluer professionnellement et de ne pas être condamné à vie aux emplois du bas de l’échelle. Tant que cette population aura la conviction qu’il n’y a pas de perspective professionnelle pour les salariés du bas de l’échelle (les travailleurs pauvres) leur intérêt pour la formation demeurera extrêmement ténu.
B) Une politique globale
La capacité des opérateurs de l’emploi et de la formation à améliorer significativement les compétences des salariés est la seule façon de pouvoir démontrer aux entreprises la portée des démarches qu’ils développent auprès des chômeurs et des publics en insertion.
1) Un effort de formation concentré essentiellement sur les chômeurs de longue durée et les publics en difficulté d’insertion dans une logique de retour rapide à l’emploi (politique curative) n’est crédible que si il est accompagné d’une politique de montée en qualification des salariés les moins qualifiés (les plus menacés de chômage) (politique préventive) et mise en œuvre par les mêmes opérateurs dans chaque bassin d’emploi.
2) Cela signifie en clair que les opérateurs concernés doivent pouvoir offrir des démarches de développement de compétences facilitant le mixage des sans emploi et des salariés et capables de répondre à la fois à des objectifs de réinsertion dans le travail et de montée en compétences de salariés aspirant à une meilleure employabilité.
3) Cette politique frontale et coordonnée de formation des chômeurs et des salariés les moins qualifiés qui peut être modulée selon les situations locales, est également un gage d’amélioration de la fluidité du marché du travail et de construction de la sécurisation des parcours qui suppose un dépassement des clivages statutaires.
4) La spécialisation des opérateurs de formation par public aggravée par l’absence de politique lourde de montée en qualification des salariés « du bas de l’échelle » est certainement l’élément le plus significatif des contre-performances des politiques de formation destinées aux sans emploi.
C) L’entreprise partenaire
Pour les personnes éloignées de l’emploi le fil conducteur des démarches d’insertion vers l’emploi tient dans une traçabilité de la progression des personnes lisible par les entreprises. Complémentairement cette appropriation par les entreprises du sens de la démarche d’insertion doit être identifiée par les personnes concernées. Le monde de l’entreprise doit se reconstituer comme une référence collective pour les personnes en insertion.
Dans la mise en place de plateformes d’insertion, la constitution d’un groupe d’entreprises partenaires (secteur marchand et non marchand) est cruciale pour différentes raisons et à différentes étapes :
Toutes les entreprises ne sont pas prêtes à jouer tous ces rôles simultanément. Certaines peuvent s’impliquer dans telle ou telle phase sans s’engager à recruter, d’autres seront prêtes à tenter des embauches mais ne seront pas disponibles pour d’autres contributions. L’important est d’avoir des représentants du monde de l’entreprise (y compris des représentants des salariés) à chacune des étapes évoquées. Les entreprises locales doivent devenir un des rouages de la plateforme et un des éléments de sa régulation.
Ce préalable est la clef des démarches qui seront mises en œuvre dans la plateforme où chaque outil mobilisé doit obéir à une double exigence : être utile aux personnes en insertion et être appropriable par les entreprises. L’accès aux activités du secteur marchand étant un objectif structurant, il est donc nécessaire de traduire en compétences opérationnelles chaque étape franchie par les personnes (remise à niveau, contrats aidés, VAE, bilans de compétences, etc.) mais également d’articuler cette instrumentation aux référentiels de compétences des entreprises. Toute l’ingénierie de la plateforme doit être sous-tendue par une recherche de cohérence avec les attentes des entreprises mais aussi par une volonté de travailler à la modification des représentations de celles-ci.
D) Une efficacité économique et sociale
La capacité des opérateurs à offrir une gamme de prestations diversifiées en lien avec les entreprises (formations qualifiantes modulaires, orientation professionnelle approfondie, bilans de compétences, coaching, VAE, plateformes techniques vocationnelles, démarches de simulation, etc.) à l’égard de jeunes en insertion, de salariés, de travailleurs temporaires et de chômeurs possède plusieurs avantages qui combinent l’intérêt économique et la performance sociale :
Paul Santelmann, responsable de la prospective à l’AFPA, 8 juin 2008
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Documents à télécharger :
Le Cahier des charges 2009 des maisons de l’emploi (décembre 2009)
Les Modalités de financement des maisons de l’emploi (décret de décembre 2009)
Rapport du groupe de travail sur l’élaboration d’un nouveau cahier des charges pour le conventionnement des maisons de l’emploi (Michel Thierry, IGAS, septembre 2009)
L’étude de la DARES : Les maisons de l'emploi conventionnées avant fin juillet 2007 (mars 2009)
Le rapport final de Jean-Paul Anciaux, député de Saône et Loire, sur l'évaluation des maisons de l'emploi (juin 2008)
Le rapport intermédiaire de Jean-Paul Anciaux,
député de Saône et Loire, sur l'évaluation des maisons de l'emploi (janvier 2008) avec sa première
annexe et sa deuxième
annexe.
Le rapport de Marie-Christine Dalloz, députée du Jura, sur les maisons de l'emploi (juin 2008)
La loi du 13 février 2008 sur la réforme du
service public de l'emploi
La carte des maisons de l'emploi en métropole en décembre 2008 (source : DGEFP, Dares)
L'annuaire des maisons de l'emploi (réalisé par le ministère de l'emploi, mars
2007)
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