Étonnante question posée par Éric Larpin (Agence Epices) dans sur le site Tessolidaire.com (12/06/2009) : « et si était en train de s'inventer une économie solidaire de droite ? »
En voici l’introduction : « Alors que l'ESS [économie sociale et solidaire] semblait, depuis les années 1960, plus ancrée dans l'univers de la gauche, voici que certains tenants d'une économie plus humaine mettent aujourd'hui en exergue l'entreprise et la responsabilité individuelle, l'importance donnée au marché et à l'employabilité des personnes, le recours à la philanthropie et au mécénat, autant de valeurs marquées du sceau du libéralisme ».
Éric Larpin évoque le Parlement des entrepreneurs d’avenir, réuni le 4 juin 2009 à l’Assemblée nationale. Hugues Sibille, dirigeant du Crédit coopératif et ancien délégué interministériel à l’économie sociale, y assurait que le temps du décloisonnement, entre des entrepreneurs d'origine différente, est venu tandis que Jean-Paul Charié, député Ump, annonçait le lancement d'un programme expérimental, dans dix territoires, pour faire émerger « une nouvelle entité socialement responsable. »
C’est en écho à ce questionnement que se tiennent les 18 et 19 juin 2009 à l’IUT de Roanne (Loire), les IXèmes Rencontres internationales du réseau inter-universitaire de l'économie sociale et solidaire. Organisées par l’Université Jean Monnet (Saint Étienne) elles sont intitulées : « Entreprendre en économie sociale et solidaire : une question politique? »
Les rencontres vont « s'interroger sur la voie alternative promue par l'économie sociale et solidaire ». Pour les organisateurs, « les régressions actuelles - démocratiques et sociales - ainsi que les dérives économiques et juridiques doivent interpeller les organisations de l'ESS sur leur engagement politique. »
Parmi les sujets de débat figurent ceux-ci : les acteurs de l’ESS forment-ils des « organisations supplétives au désengagement des Etats ? » Sont-elles réellement les garantes d'un autre mode de création et de répartition de la richesse ? Prouvent-elles, à travers leurs règles établies et leurs pratiques, qu'elles sont toujours à la pointe de l'innovation sociale ?
Hugues Sibille, Crédit coopératif

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