Mesure phare du Plan Espoir Banlieue « le contrat autonomie déçoit » selon le blog Quartiers sans cible (28/08/2009). Fadela Amara, secrétaire d’État à la Ville, estimait le 25 août 2009 que le gouvernement est « un peu en-dessous de son objectif ».
Mesure d’accompagnement intensif durant un an d'un jeune chercheur d'emploi, il a été confié en 2008 à 34 structures, sélectionnées par appel d'offres et rémunérées au résultat. Pendant les six premiers mois, le jeune perçoit une bourse mensuelle de 300 euros.
Au 31 août 2009, 12 245 contrats d'autonomie avaient été signés, sur un objectif cumulé à cette date de 16 387, soit 73% de réalisation, selon les chiffres du ministère de l’emploi (DGEFP). Sur les entrée, on notait 7% de sorties positives (emploi ou formation). Ce dernier chiffre varie notablement selon les régions, puisqu’il va de 1% en Seine Saint-Denis à 22% dans le Haut Rhin.
Pointant les bons résultats de certains départements comme le Haut-Rhin, l'Essonne ou la Réunion, la lettre d’information en ligne de la Caisse des dépôts et consignations, Localtis pose la question : « La prépondérance des missions locales dans la mise en oeuvre des contrats dans ces départements pourrait-elle faire la différence ? » (21/09/2009).
La journaliste Emilie Zapalski estime que le taux de sortie positive obtenu dans ce cadre est « relativement faible si on le compare aux 24% de sorties positives affichés par le contrat d'insertion dans la vie sociale (Civis), qui est mis en œuvre par les missions locales. »
L'analyse des expériences les plus réussies (Haut-Rhin, Essonne, Val-de-Marne, Réunion), fait ressortir, selon Localtis, un point commun dans la mise en œuvre des contrats : le rôle prépondérant des missions locales.
Dans le Haut-Rhin, les missions locales ont remporté le marché. Elles ont rebaptisé le contrat en « self-contrat », avec une ligne téléphonique dédiée (03 89 50 05 20). Un secteur spécifique, dédié aux contrats d'autonomie a été créé au sein de Sémaphore, la mission locale de Mulhouse. Selon Jaques Losson, directeur de Sémaphore, « Financièrement, on ne va pas gagner d'argent, détaille mais ça nous donne une marge pour donner des coups de pouce aux jeunes dans divers domaines : logement, assurance-voiture... »
Dans l’Essonne, la mission locale de Massy, Vitacité, a décidé, après avoir été recalée à l'appel d'offres, d'aider l'opérateur privé choisi, Ingéus. Fabienne Schremp, directrice de Vitacité estime que « Au niveau communication et statistiques, ils sont meilleurs que nous, mais nous avons la connaissance du public et du territoire. » Selon elle, Ingéus s'est cassé les dents en imaginant pouvoir procéder seule. Elle a alors décidé de faire appel à la mission locale, tout en refusant de l’indemniser pour son travail d'accompagnement des jeunes...
Dans le Nord, la mission locale de Roubaix a proposé au prestataire, également Ingéus, de l'héberger dans un premier temps dans ses locaux.
À la Réunion, les quatre missions locales groupées ont également emporté l'appel d'offres. Au premier semestre 2009, sur les 90 jeunes nouvellement entrés en contrat d'autonomie, 27 ont eu une sortie positive et 44 poursuivent leur parcours. Seuls 14 jeunes ont définitivement abandonné l'affaire. Pour Lilian Ah-Von, directeur de la mission locale Ouest de la Réunion, le contrat d’autonomie « a modifié notre façon de fonctionner : normalement, ce sont les jeunes qui viennent vers nous ; là, on a dû travailler davantage avec les élus et les associations socioculturelles pour aller au repérage de ce public. »
- Voir le tableau établi par la DGEFP sur la réalisation des contrats d’autonomie au 31/08/2009.

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