En juin 2004, Jean-Louis Borloo, alors ministre de l’emploi, du travail et de la cohésion sociale, lance son « plan de cohésion sociale ». Le plan comprend trois « piliers » : l’emploi, le logement et l’égalité des chances. Il démarre la loi du 18 janvier 2005 de programmation pour la cohésion sociale qui fixe des objectifs pour cinq ans. Le débat parlementaire met l’accent sur l’évaluation permanente de cette loi.
En avril 2006, un document gouvernemental fera « le point sur le plan de cohésion sociale ». Ce sera, en fait, la dernière publication d’ensemble sur ce vaste plan. Bien qu’il n’ait jamais été abrogé, il semble ne plus avoir eu d’application réelle, au moins dans sa globalité. Plus personne n’y fait référence aujourd’hui de manière précise.
Aujourd’hui, il reste un site accessible au public sur le plan de cohésion sociale, mais il est bien précisé qu’il est archivé et que les derniers documents datent de 2006.
On trouvera évidemment cocasse, rétrospectivement de lire dans le bilan d’étape de 2006 que « l'objectif de 300 Maisons de l'emploi nécessaires pour mailler l'ensemble du territoire national sera donc atteint d'ici fin 2007. » L’objectif n’est atteint ni fin 2007, ni jamais d’ailleurs.
Aujourd’hui, c’est la notion de cohésion sociale qui change carrément de sens. Il y a un ministère des solidarités et de la cohésion sociale, dirigé par Roselyne Bachelot. Mais il ne s’occupe ni de l’emploi, ni du logement, ni même de l’égalité des chances. Il y a aussi une secrétaire d’État à la cohésion sociale, Marie-Anne Montchamp, mais elle semble avoir principalement dans ses attributions le sort des personnes handicapées.
Pourtant on relit toujours avec intérêt le plan de Borloo : « Le plan de cohésion sociale renouvelle notre conception de la politique de l’emploi. Il fonde un équilibre plus propice à la baisse du chômage de longue durée et à la création d’emploi : une prise en charge collective plus efficace des chômeurs, un marché du travail plus fluide. »
Cinq ans après, l’objectif reste un objectif.
Dans l’introduction du plan, Jean-Louis Borloo critiquait l’adage : « contre le chômage, on a tout essayé et on a tous échoué ». Le 16 novembre 20010, après avoir congédié le même Borloo, le président de la République, Nicolas Sarkozy redisait : « je ne pense pas qu'on a tout essayé contre le chômage. »
Ce qui est sûr, c’est qu’on a essayé beaucoup de chose, mais pas une politique inscrite dans la durée. Et oublier que l’emploi est un facteur de cohésion sociale est plus qu’une erreur d’appréciation.

Commentaires