Dans un premier papier, « Feu la flexsécurité » (30/05/2011), j’ai évoqué les travaux des commissions de la conférence de l'Association mondiale des services d'emploi publics (Amsep). Elle se tenait à Paris les 26 et 27 mai 2011, parallèlement au sommet des chefs d’État du G8 réuni à Deauville et avait pour thème « la contribution des services publics de l’emploi à la sortie de la crise. »
Je ressors des interventions quelques éléments marquants, qui ne résument en aucun cas l’ensemble des contributions.
John Martin, de l’OCDE, s’intéressant aux initiatives visant au retour à l’emploi s’est particulièrement appuyé sur le « Kurzarbeit » ou travail court développé en Allemagne.
L’économiste Daniel Cohen s’est voulu à la fois pédagogue et radical. Pour lui, si on est passé de l’euphorie au scepticisme, il y a un coupable. C’est la montée des inégalités dans le monde qui a sonné le glas de la croissance. Pour lui, aux États-Unis, mais également en Chine, les deux-tiers de la croissance sont accaparés par 1% de la population ; pour les autres, l’endettement a tenu lieu de substitut de revenu, avec les graves déséquilibres qui s’en sont suivis. Il a suggéré d’indexer les droits des travailleurs sur la conjoncture, par exemple en allongeant la durée d’indemnisation chômage pendant les périodes de crise, comme cela a été fait en Amérique du nord.
Jean-Louis de Brouwer, haut fonctionnaire européen, a suggéré de s’intéresser à des « acteurs des transitions » économiques, plutôt que de traiter des victimes du chômage. Pour lui, les services publics de l’emploi doivent trouver ce nouveau positionnement en complément d’intervenants privés. Il doute que la croissance verte puisse créer des emplois, mais remarque qu’elle implique des transitions conséquentes dans les modes de production et les métiers.
Un responsable des Job centres plus du Royaume Uni, Eamonn Davern, a plaidé pour qu’on « écoute les clients », citant les demandeurs d’emploi, et insistant lui aussi sur les synergies avec le secteur privé. Pour lui, la situation valide l’approche du retour au travail comme priorité (work first approach).
Mais malgré ces appels au privé, le représentant des employeurs, Éric Oechslin (Organisation internationale des employeurs, OIE, Genève) est apparu bien isolé. Il s’est cependant évertuer à demander que l’on crée de la croissance, sans fournir d’indications sur les mécanismes à mettre en œuvre.
(à suivre)
Ø Les comptes rendus des travaux de l’Amsep seront publiés sur Emploi, parlons net.
Daniel Cohen, économiste

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