Les secrétaires d’État à l’emploi et à la ville, Laurent Wauquiez et Fadela Amara ont signé le 10 juillet 2008 les 18 premiers contrats d'autonomie, mesure phare du plan Espoir Banlieues. Ces contrats devraient, à terme, être déployés dans 35 départements et concerner chaque année à 15.000 jeunes, pour un coût de 250 millions d'euros sur 3 ans.
Les opérateurs recrutés par appel d’offres seront rémunérés en fonction des objectifs atteints. Ils toucheront une avance de 25% du montant contractuel, puis 40% si le jeune décroche un CDD de plus de six mois ou un CDI, le reste s'il se stabilise.
Selon quotidien Les Échos (09/07/2008) qui cite une source proche du dossier, « l'appel d'offres a pris du retard dans d'autres départements parce que les opérateurs privés ont demandé un tarif "assez élevé". Les opérateurs, comme les agences d'intérim, estiment prendre un risque car ils seront payés au résultat et doivent mobiliser leur trésorerie pour avancer le pécule mensuel de 300 euros versé au jeune pendant six mois. »
Le quotidien économique souligne que « le choix du privé n'est pas sans susciter de l'amertume au sein des 480 missions locales ». Le contrat d’autonomie fera en effet de l’ombre au Civis (contrat d'insertion dans la vie sociale), s'adressant à un public comparable, mais dont les bénéficiaires perçoivent une allocation moitié moindre (900 euros) que celle prévue pour le nouveau contrat (1 800 euros).
En juin, l'Association nationale des directeurs de missions locales (ANDML) avait critiqué ce recours au privé. Plusieurs syndicats l’ont également dénoncé dont la CGT qui voit une « amorce de privatisation de l'accompagnement global des jeunes ».
C’est le cabinet C3 Consultants qui a obtenu les premiers contrats. Basé dans la banlieue de Nantes, à Saint Herblain, est une grosse structure, avec environ 90 salariés. Il est dirigé par Thierry Frère et intervient essentiellement dans l’Ouest (Bretagne, Pays de la Loire). Mais il s’est implanté en Île de France à la faveur d’un marché important de l’Assédic dans les Yvelines en 2006 et il a récemment emporté des marchés de l’Anpe en Île de France, Aquitaine, Picardie, et Pays de la Loire.
En juin 2008, C3 Consultants a lancé avec l’Acsé (Agence de la cohésion sociale) un « programme E3 : espoir, énergie, entreprise ». Il s’agit d’expérimenter une prestation d’accompagnement individualisé pour la reprise d’activité ou le retour à l’emploi de 40 jeunes des quartiers prioritaires de l’agglomération nantaise.
Le cabinet est également un des utilisateurs du logiciel Trans'Compétences, lancé par la maison de l’emploi, de l’insertion et de la formation de Rennes (MEIF), avec laquelle il a signé une charte de partenariat le 17 janvier 2008.
L’activité principale C3 Consultants est cependant des prestations pour les entreprise : cellules de reconversion, gestion prévisionnelle des compétences, conduite du changement.
Voir également le rapport de la Dares (ministère de l'Emploi) qui vient de montrer que le recours au privé pour l'accompagnement renforcé des demandeurs d'emploi n'était pas un gage de meilleure efficacité.
Voir aussi plusieurs articles de Philippe Labbé : http://plabbe.wordpress.com/

Commentaires