L’économiste et spécialiste de l’économie sociale et solidaire, Michel Abhervé, est sans doute l’observateur le plus pertinent des actions d’aide à l’emploi des jeunes. Il a ainsi signé, ces derniers mois, de nombreux papiers sur son blog au sujet du bilan des contrats d’autonomie. Il s’intéresse par exemple à la « relativité de l’appréciation de la “sortie positive” » (27/03/2010) après avoir relevé que « Fadela Amara reconnait 72 % de sorties négatives pour les contrats d’autonomie » (14/03/2010). Il s’est également livré à une analyse critique des chiffres dans « Explosion des contrats d’autonomie ou mensonge éhonté devant la représentation nationale ? »
La thèse de Michel Abhervé, enseignant à l’université de Marne la Vallée (Seine et Marne) est qu’il s’agit du « dispositif le plus coûteux jamais mis en place en direction des jeunes » et, qui plus est, fort peu efficace. C’est pourquoi l’ancien président de la mission locale d’Évry prend une position radicale : « il n’est que temps de mettre un terme, rapidement, très rapidement, à cette invraisemblable gabegie d’argent public. »
Mais Michel Abhervé n’est pas seul à tirer un bilan fort critique du dispositif phare du plan Espoir banlieues de la secrétaire d’État Fadela Amara. Le magazine Challenges (mars 2010) parle du « flop des contrats d’autonomie » relevant un coût jusqu’à fin 2009 de 47,7 millions d’euros pour 22 891 contrats signés, dont 28 % ont un emploi ou une formation.
Le quotidien Libération estime, pour sa part, que Fadela Amara bute sur l’emploi des jeunes (12/04/2010). Le journal relève Fadela Amara a lancé des appels d’offres auprès d’opérateurs de placement privés « estimant que le service public de l’emploi avait failli à sa mission dans les quartiers en difficulté. »
Le journaliste signataire de l’article, Tonino Serafini, considère le « taux de sorties positives de 33%, très décevant » et donne la parole à des élus qui reprochent aux opérateurs de se focaliser sur les jeunes les plus employables. Maurice Charrier, ancien maire (Pcf) de Vaulx-en-Velin (Rhône) et vice-président de la Communauté urbaine de Lyon (Courly) assure que « sur un an, dans les ZUS, le chômage a progressé de 21%, tous âges confondus ». Le député Ump et lui aussi ancien maire de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), Pierre Cardo, remarque quant à lui que « les jeunes les plus en difficulté restent au bord du chemin ».
Il critique l’attitude des organismes de placement : « au début, ils pensaient que leurs seules compétences suffiraient ». Pour Pierre Cardo, ceux-ci « doivent travailler en étroite collaboration avec les structures existantes » (maisons de l’emploi, missions locales) pour obtenir des résultats concrets.
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Le blog de Michel Abhervé : http://alternatives-economiques.fr/blogs/abherve/
Michel Abhervé

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