Je poursuis la présentation de la conférence que l’Association des Maires de Grandes Villes de France (AMGVF) organisait le 20 octobre 2009 à Paris sur « les stratégies territoriales de l’emploi et la crise. »
La première table-ronde, animée par Philippe Maitreau, adjoint au maire de Mulhouse et président de la Commission “Territoires et Emploi” de l’AMGVF, s’interrogeait sur comment « répondre à la crise. »
Charlotte Duda, ancienne présidente de l’ANDRH (Association Nationale des Directeurs des Ressources Humaines), a remarqué que les Pme sont « larguées » en matière de formation. Pour elle, il faut une gouvernance territoriale différenciée selon les lieux, permettant une anticipation des enjeux. Elle a suggéré que la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences soit conduite au niveau des régions et des territoires, et qu’elle soit la conséquence d’un dialogue social territorial.
Le directeur général adjoint de Pôle Emploi, Bruno Lucas, a remarqué que son organisation était déjà engagée dans des collaborations pour la gestion du dispositif des conventions de reclassement personnalisé (CRP) et dans celui des contrats de transition professionnelle (CTP). Il a estimé que le nouvel établissement public devra à court terme s’engager dans des partenariats locaux.
Pour le président d’Agefos-Pme, Gérard Lenoir, les acteurs de la formation doivent s’adapter à la spécificité des bassins d’emploi.
Revendiquant être « l’impertinent des territoires », Jean-Patrick Gille, député Ps d’Indre et Loire, a appelé Pôle Emploi a prendre en compte la dimension territoriale de manière réelle, accusant la principale organisation du service public de l’emploi d’être « trop marquée par l’adéquationnisme » entre l’offre et la demande d’emploi. Il a considéré que ce n’est pas en grossissant qu’un intermédiaire devenait plus efficace.
Lors du débat qui a suivi, Nadia Beaumel, administratrice de la maison de l’emploi du Nord Ouest Seine et Marne à Chelles a évoqué l’expérience de Dialogue Sénart Val-de-Seine, offrant des services aux salariés et responsables des petites entreprises du département. Soulignant que les relations avec Pôle emploi étaient bonnes, elle a cependant remarqué qu’il était difficile de faire un partenariat avec une structure débordée par sa charge de travail.
La présidente de la Maison de l’Emploi, de l’Insertion et de la Formation professionnelle du bassin de Rennes (MEIF, Ille et Vilaine), Gwënaelle Hamon s’est demandée comment on pouvait anticiper l’évolution économique locale sans l’implication des élus locaux. Elle a mis l’accent sur l’importance du dialogue social et du paritarisme.
Michel Julien, président de la mission locale de Dijon (Côte d’Or), et vice-président de la Maison de l’emploi et de la formation du Bassin dijonnais a remarqué que Pôle emploi était impliqué dans les décisions prises par les maisons de l’emploi et que les projets déjà lancés devaient être maintenus. Il s’est étonné que, dans le choix des opérateurs que fait Pôle emploi, les sociétés privées soient privilégiées par rapport aux structures publiques.
Enfin, Jean Le Garrec, président d’Alliance Villes Emploi, rendant hommage à l’intuition de l’ancien maire de Rueil-Malmaison, Jacques Baumel, a souligné combien les maisons de l’emploi étaient complémentaires de l’action de l’État.
(à suivre)
Jean-Patrick Gille, député d’Indre et Loire

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