Une étude, publiée fin 2004 par 4 chercheurs de l’Université de Toulouse Le Mirail (Toulouse II), Didier Busca, Ygal Fijalkow, Daniel Filatre et Alexandre Pages portait sur « La territorialisation du service public : construction institutionnelle et mise en œuvre ». Elle concernait notamment les Maisons communes emploi formation (MCEF) de Castres et Gaillac ainsi que des maisons de services publics (MSP, Tarbes et Castres), et des villes (Perpignan et Narbonne).
J’en reprends les conclusions, car elles éclairent je pense de manière singulière le débat actuel sur l’efficacité des maisons de l'emploi. Même si l’étude est antérieure au lancement du
« Au terme de notre étude, nous sommes arrivés au constat paradoxal que réunir des services publics sous un même toit et les rapprocher de certains quartiers dits sensibles n’a pas foncièrement changé l’exercice du métier d’agent, ni l’offre destinée aux usagers. Nous avons alors cherché à comprendre cette situation et fait deux constats. Le premier est qu’il n’est guère possible
« Pour expliquer cette situation nous avançons différents résultats. Il apparaît d’abord que le déficit de partenariat n’est pas sans rapport avec les activités originelles de chacun des intervenants et le lien qui les unit à leur organisme de rattachement. Ensuite, pour comprendre la faiblesse du travail collectif, il faut aborder la question d’un projet collectif et les traductions qu’en fait chacun des intervenants. Si la mise en œuvre d’un partenariat de travail ne va pas toujours de soi, c’est précisément parce que l’existence d’un projet commun n’apparaît pas toujours clairement. Le partage d’objectifs communs et leur mise en œuvre sont d’autant plus difficiles à atteindre que les dispositifs les plus expérimentaux associent souvent des intervenants d’horizons variés (administrations, entreprises publiques, privés, associations, etc.) qui peuvent agir dans des secteurs aussi différents que ceux de la justice, de l’insertion professionnelle ou de
« Il faut enfin, pour compléter l’analyse, tenir compte des ressources humaines allouées aux dispositifs expérimentaux et aux modalités d’organisation du travail. La présence, momentanée ou plus durable, des services et des personnels d’un dispositif, tout comme la périodicité des interventions et la variabilité des horaires de travail, s’offrent comme autant de contraintes qui empêchent la constitution de liens professionnels durables et le développement de projets communs et d’actions ciblées en direction des usagers. Dans chaque dispositif étudié, la seule proximité physique est perçue comme un élément suffisant pour induire des rapprochements professionnels et renforcer des activités transversales. Force est pourtant de constater que la proximité spatiale n’induit pas la proximité sociale et professionnelle. En fait, nous devons considérer ces expérimentations de services publics comme une transformation des modes
« Finalement, l’expérimentation et ses modalités semblent traduire la formalisation progressive d’une doctrine permettant de mieux s’adapter aux incertitudes du travail des agents publics dans les quartiers prioritaires
Le résumé de l’étude est disponible en ligne. Elle a été publiée en septembre 2004 dans l’Annuaire des Collectivités locales, aux Editions du CNRS à Paris.

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