Le Syndicat national des métiers de l’insertion (Synami Cfdt), syndicat qui regroupe des salariés des missions locales, a mis en avril 2008 la dernière main à la recherche-action engagée avec 4 missions locales (Médoc, en Gironde ; Chinonais, en Indre et Loire ; Poitou en Haute Vienne et Saint Quentin en Yvelines, dans le département éponyme). Elle a été conduite avec Gérard Sarazin et Bertrand Schwartz, 89 ans, le concepteur des missions locales.
Une synthèse des résultats de cette étude, intitulée « écouter pour agir » est disponible en ligne sur le site de la Fédération protection sociale travail et emploi de la Cfdt. Un blog a été mis en ligne dans le cadre de cette étude : Innover pour l’insertion.
Les éléments qui ressortent de la recherche action sont très critiques sur l’état actuel des structures montées en 1981 autour de Bertrand Schwartz.
Les travaux ont reposé sur le recueil des paroles de salariés, qui permettent de brosser les tableaux suivants :
- Une insertion sociale et professionnelle de plus en plus difficile pour les jeunes des missions locales
- L’écoute globale, une pratique fondamentale et un chantier permanent
- Les jeunes eux-mêmes, grands absents des politiques d’insertion
- Les objectifs des divers dispositifs ne permettent pas d’accompagner les jeunes pour qu’ils soient eux-mêmes acteurs de leur insertion
- Les missions locales deviennent des prestataires de services parmi d’autres au détriment des partenariats
Souhaitant poursuivre leur action, les initiateurs de la recherche-action ont décidé d’appuyer des expérimentations locales autour de trois objectifs : faire entendre ce que vivent les jeunes des missions locales ; développer des partenariats productifs ; et accompagner la phase d’intégration des jeunes dans les entreprises.
Mais ils ont formulé aussi une proposition plus générale : « Expérimenter une nouvelle approche territoriale de l’insertion des jeunes. »
« À l’heure où se réorganise le service public de l’emploi, où se renégocient les modalités de la formation professionnelle, où se créent de nouveaux outils nationaux pour l’insertion… le risque est grand d’oublier que les situations que connaissent les jeunes sont de plus en plus diversifiées et complexes car elles sont de plus en plus dépendantes de l’évolution de leur environnement immédiat.
« C’est pourquoi l’approche territoriale et globale est essentielle pour assurer un réel accompagnement d’insertion. (…)
« Cela suppose simplement (!) que les financeurs (locaux, nationaux, régionaux) acceptent de mettre les moyens d’intervention qu’ils détiennent dans une enveloppe globale et donnent la possibilité aux opérateurs locaux, travaillant en partenariat, d’adapter les différentes mesures dont ils sont porteurs.
« Certains percevront cette démarche comme un rêve impossible.
« Nous sommes pourtant persuadés que beaucoup d’acteurs locaux dans les missions locales et dans les institutions qui travaillent avec les jeunes y sont prêts. Avec la conviction qu’ils pourront montrer que les résultats sont là. En étant prêts à être évalués.
« Nous allons demander aux décideurs nationaux et régionaux de leur donner l’occasion d’entreprendre. Pourquoi pas avec vous ? » ■

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