Dans des articles précédents, j’ai rendu compte de la journée de synthèse du Grenelle de l’insertion, tenue à la Maison de la Mutualité à Paris le 23 mai 2008 devant environ 200 participants et j’ai mis en ligne la version de travail du rapport général du Grenelle de l’insertion.
Je vais reprendre dans plusieurs articles une partie des interventions.
La première table ronde était consacrée au thème Simplifier et décloisonner.
Ancien ministre chargé de l’insertion des jeunes, Laurent Hénart, député (Ump) de Meurthe et Moselle et rapporteur, a appelé à mettre en place un contrat aidé unique lié au contrat de professionnalisation. Il a (fort curieusement) appelé à « mettre fin à la polysynodie (1) » et souhaité avoir sur les territoires une instance d'animation unique, la maison de l'emploi là où elle existe.
Pour la déléguée générale de l’Alliance villes emploi, Marie-Pierre Establie le niveau territorial d'animation doit devenir moins expérimental. On a besoin de « plateformes fortes » (Plie, maisons de l'emploi) et il faut donc procéder à des regroupements.
Mais, pour Jean-Marie Marx, directeur général adjoint de l’ancienne Anpe, la territorialisation doit se faire « à l'intérieur des organisations ». Il a donc soigneusement évité de prononcer le mot de « maison de l'emploi. »
Pierre Cardo, député des Yvelines (Ump) et maire de Chanteloup-les-Vignes, a proposé que les organismes relevant de l’insertion par l’activité économique (IAE) puissent intervenir dans les prisons, sans attendre la sortie des condamnés. Il a plaidé pour une formation renforcée des acteurs sociaux, y compris les personnels du service public de l’emploi et de l'IAE.
La proposition d’intégrer l'insertion dans le dialogue social est venue de Nathalie Hanet-Kania, secrétaire générale du COORACE (Coordination des organismes d’aide aux chômeurs par l’emploi).
Marie-Pierre Establie, qui dirigea le Plie et la maison de l'emploi de Rueil-Malmaison a demandé de faire attention à la baisse des crédits, notamment ceux du Fonds social européen (Fse), qui met en danger de dépôts de bilan des structures locales.
Pour le directeur de l’insertion et de l’emploi au Conseil général de l’Essonne, Jean-Paul Raymond, les outils ne peuvent pas tout régler. Il a remarqué qu’il serait plus intéressant de lier les publics aux secteurs porteurs plutôt qu'aux secteurs en tension. Pour lui, « on survalorise l'emploi par rapport à la question sociale ». Il lui semble nécessaire de faire attention au management des travailleurs sociaux.
Au cours du débat, un intervenant a trouvé « dommage qu'on ne s'appuie pas plus sur les missions locales. »
Claude Alphandéry, président du Conseil national de l'insertion par l'activité économique, a plaidé pour une « convergence stratégique autour de conventions d'objectifs et de moyens » entre l’État et les territoires.
En concluant la table-ronde, Christophe Sirugue, député (Ps) de Saône et Loire, a appelé à faire place aux usagers.
(1) La polysynodie est un système de gouvernement par conseils instauré par Philippe d’Orléans, alors régent du royaume en France. Chaque question était discutée par le conseil approprié. Il a fonctionné de 1715 à 1718. La fin de la régence signifia l’abandon du système. L’abbé Irénée Castel de Saint-Pierre (1653-1743), qui publia un livre en sa faveur La Polysynodie (1718), fut exclu pour cela de l’Académie française. D’Alembert écrivit un livre faisant son éloge.
L’abbé de Saint-Pierre

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