Dans des articles précédents, j’ai rendu compte de la journée de synthèse du Grenelle de l’insertion, tenue à la Maison de la Mutualité à Paris le 23 mai 2008 devant environ 200 participants et j’ai mis en ligne la version de travail du rapport général du Grenelle de l’insertion.
Je poursuis ici la reprise d’une partie des interventions.
La seconde table-ronde était consacrée au thème : « Recomposer les politiques autour des bénéficiaires. »
Rapporteure, Nicole Maestracci, présidente de la Fnars (Fédération Nationale des Associations de Réinsertion Sociale) a regretté « des décisions parallèles » au déroulement du Grenelle de l’insertion et qui ne tiennent pas compte de ses travaux. Elle a cité le contrat autonomie jeunes ainsi que la baisse des contrats aidés.
Celle qui est aussi présidente du tribunal de grande instance de Melun (Seine et Marne) a remarqué que « jamais personne n'entre dans les catégories faites pour eux ». Elle a stigmatisé « des politiques pour les jeunes indigentes. »
La présidente de la Fnars a souligné le besoin d'organisation des usagers proposant la création d’un « chèque syndical ou associatif ». Elle a revendiqué un service public de l’emploi universel, voulant passer du consensus sur les principes à celui sur les modalités.
Le représentant du Mouvement national des chômeurs et précaires (Mncp) a Guy-Henri Plessis, a déploré que les représentants des personnes directement concernées ne soient représentées ni dans le conseil du « nouvel opérateur public » (fusion de l’Anpe et du réseau Assedic), ni au sein du Conseil national de l’emploi ou des conseils régionaux, pas plus que dans les conseils économiques et sociaux. Il a plaidé pour une relance des comités de liaison entre chômeurs et institutions du service public de l’emploi.
Jacques Rastoul (Cfdt) a considéré qu’il fallait des conventions collectives qui couvrent des secteurs plus larges, dont ceux concernés par les activités d’insertion. Pour le syndicaliste, il convient de renforcer le droit de recours individuel ou collectif. Mais le responsable d’une organisation qui participe également à la gestion des moyens de retraites ou d’épargne des salariés a relevé que les fonds d’épargne solidaires participent au financement de l'insertion, notamment par le biais de France Active.
Pour Jean-Philippe Maccarinelli, qui représentait la vénérable Union des Centres communaux ou intercommunaux d'action sociale (UNCCAS, fondée en 1926), les structures de proximité sont les mieux armées en termes de réactivité et pour conduire une politique de prévention.
Le Conseil général de Haute Corse, dont Marie Richard est responsable de l’insertion a trois 350 allocataires du revenu de solidarité active (Rsa). Il gère également les contrats aidés et un fonds de microcrédit. Elle a suggéré que l’on mette en place des « contrats d’insertion familiarisés », traitant de l'accès à l'emploi des enfants.
Quant à Jean-Louis Triboulet, directeur de l’Assedic des Alpes, il a émis le vœu d’élargir le dossier unique du demandeur d’emploi (Dude) aux acteurs de l'insertion. Parlant de l’expérience de suivi des créateurs mise en place par son institution, il a insisté sur l’importance de la durée de cet accompagnement (18 mois). Il a enfin évoqué l’utilité des groupements d’employeurs pour l’insertion et la qualification (GEIQ).
Au cours du débat, une chômeuse de l’Aveyron a demandé que l’on sépare le contrôle et la fonction de référent, qui ne devrait donc pas relever du « nouvel opérateur public ». Marie Lacoste (MNCP) a souhaité également dissocier la responsabilité de la sanction de celle de l’accompagnement.
Une représentante des missions locales (UNML) a insisté sur l’importance de faire perdurer une approche des publics.
(Suite du compte rendu dans un prochain article)
Nicole Maestracci, présidente de la Fnars

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