L’infatigable et prolixe universitaire Michel Abhervé a rendu compte (2/12/2010) du débat, le même jour, au Sénat sur le budget de la Mission Travail et Emploi. Il remarque « l’originalité confirmée des positions de Serge Dassault », sénateur Ump de l’Essonne, « une vraie divergence au sein de l’Ump sur les maisons de l’emploi » ainsi qu’« une protestation sur le prélèvement effectué sur le FPSPP », le Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels. Il note enfin « une habileté certaine du nouveau ministre » du travail, Xavier Bertrand.
Résumons la situation : tous les budgets du secteur de l’emploi baissent et les parlementaires s’efforcent de sauvegarder ce qui peut l’être en fonction de leur champ d’intérêt. Serge Dassault défend les sommes qui vont aux missions locales. Daniel Marsin, sénateur (Gauche démocratique) de Guadeloupe, s’inquiète pour les agents de Pôle emploi.
Annie David, sénatrice (Pcf) de l’Isère critique la non-reconduction du plan « Agir pour la jeunesse ». Elle montre également une baisse vertigineuse des crédits d’État l’Afpa : 707 millions d’euros en 2003, 57,7 en 2011.
Jean-Claude Carle, sénateur Ump de Haute Savoie critique le prélèvement de 300 millions sur le Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels qu’il attribue aux « technocrates scolaires » de Bercy.
Jean-Paul Alduy, sénateur Ump des Pyrénées Orientales se demande « pourquoi donc asphyxier les 203 maisons de l’emploi ? » et fait appel à l’« expérience de terrain » du maire de Saint-Quentin (Aisne) et président de la maison de l’emploi locale, qui n’est autre que Xavier Bertrand. Le site Public Sénat (3/12/2010) décrit les maisons de l’emploi comme une « institution mal aimée. »
Après quelques discussions qui faisaient un peu marchand de tapis, le ministre a laisser les sénateurs rajouter 5 millions de crédits pour les maisons de l’emploi. L’Assemblée avait déjà rajouté 10 millions. La ligne, avant les éventuels arbitrages de fin de parcours budgétaire, serait donc de 58 millions d’euros ; elle était de 97 en 2010 (-40%).
Parallèlement, les crédits de Pôle emploi et des missions locales sont gelés, tandis que la prime pour l’emploi baissera de 10%.

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