C’est le titre d’un article du quotidien bruxellois la Dernière Heure qui m’a intrigué : car s’il a trouvé « Une vraie Maison de l’emploi ! » (01/06/2011), c’est qu’il y en aurait donc des fausses.
Celle dont on parle, c’est celle de Binche, ville de 33 000 habitants dans le Hainaut belge.
Inaugurée en mai 2008, la Maison de l'emploi était la septième de région du Centre et la 56e de Wallonie. Comme toutes les structures wallonnes, elle offre des services limités mais concrets aux demandeurs d'emploi, mais aussi aux étudiants, aux travailleurs et à toute personne intéressée par l'emploi ou la formation (La Meuse, 9/05/2008).
Ces structures sont issues de collaborations entre le service public de l’emploi, le Forem, les centres sociaux (CPAS) et les communes. Elles abritent les agences locales pour l'emploi (ALE).
Pour la RTBF (3/06/2011), l’audiovisuel public francophone, après deux ans, « côté fréquentation, [la maison de l’emploi] semble avoir démontré son utilité » avec plus de 10 000 personnes qui ont pu trouver aide et conseils dans leur recherche d'un emploi, tandis que des centaines d’autres y ont suivi une formation.
Selon Jérôme Urbain, échevin de l’emploi (Mouvement Réformateur, centre droit), « notre Maison de l’emploi est devenue, en terme de fréquentation, la troisième plus grosse de Wallonie. » L’échevin est un adjoint au bourgmestre (maire) Laurent Devin, Ps.
Un « succès important », selon Dernière Heure, qui l’explique « par deux facteurs : le fort taux de chômage (18,23 % en 2011), mais aussi une volonté manifeste de s’en sortir. »
Pour la ville de Binche, le coût est de 37 000 € par an (location d’un local et la prise en charge des frais de fonctionnement). Un somme critiquée par l’opposition chrétienne démocrate, qui estime qu’elle « coûte trop cher » selon la RTBF.
En 2010, 821 chômeurs ont ainsi suivi une formation de coaching ou de remise à l’emploi. En 2011, un projet a été monté pour rassembler la Maison de l’emploi (5 employés) et le Forem (6 employés) dans un même bâtiment pour faciliter les démarches. Une salle de formation serait aménagée.
Peu ambitieuses, avec des moyens limités mais stables, les maisons de l’emploi wallonnes fonctionnent et continuent de mailler le territoire, rendant des services concrets. Est-ce cela une « vraie maison de l’emploi » ?
Rappelons que le modèle wallon a fait école : dans la région de Bruxelles – et en France, puisque Jean-Louis Borloo, alors ministre du travail en 2004, se référait à cet exemple en lançant son plan de cohésion sociale.
Vue de Binche (Dojak)

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