2009, une conférence à Paris sur « les stratégies territoriales de l’emploi et la crise. »
Animée par Philippe Maitreau, adjoint au maire de Mulhouse et président de la Commission “Territoires et Emploi” de l’AMGVF, la rencontre a été marquée par deux interventions, qui – sans se répondre directement – montraient l’état d’un débat public.
Augustin de Romanet, directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) est intervenu pour plaider en faveur d’une coopération entre l’État, les régions et les institutions financières pour développer l’emploi et les Pme. Selon lui, il faut territorialiser les politiques en direction des entreprises. Il a pointé « un des problèmes de la France, l’absence de centre de décision financiers dans les provinces. » S’appuyant sur la coopération de la CDC avec des collectivités, par exemple pour les services d’amorçage de projets dans les quartiers (CitésLab) ou le microcrédit, il a montré l’utilité de partenariats locaux. De Romanet a indiqué avoir redécouvert le besoin d’un lien avec le terrain et l’importance de la décentralisation de son action, prenant exemple sur l’Alsace.
Réagissant à une demande de Michel Destot, président de l’AMGVF, concernant la suppression prochaine de la taxe professionnelle, Augustin de Romanet a plaidé pour « garder un lien entre entreprise et territoire. »
Un de ses voisins de tribune, le Délégué général à l’emploi et à la formation professionnelle (ministère de l’économie et de l’emploi), Bertrand Martinot, prenait des notes, l’air inquiet.
Laurent Wauquiez, secrétaire d’État chargé de l’Emploi, est venu conclure la réunion. Ou du moins, faire la leçon aux élus présents, précisant qu’il avait certes du respect pour le travail de l’Amgvf, mais aussi des divergences. Et il prenait le quasi contre-pied de ce que venait de déclarer quelques heures plutôt le dirigeant de la CDC. Pour Laurent Wauquiez, « l’emploi n’est pas une compétence partagée », mais du ressort exclusif du gouvernement. Il concède, cependant, que « c’est important que les élus locaux soient associés » à la mise en œuvre de cette politique, mais pas à la discuter.
Le ministre, qui est aussi maire du Puy-en-Velay (Haute Loire) s’en est ensuite pris aux édiles des grandes villes, qui ne concluraient pas assez de « contrats passerelles », la mesure conjoncturelle d’aide à l’emploi des jeunes, fustigeant qu’il n’y en ait eu qu’un à Grenoble, deux à Bordeaux, etc.
Michel Destot, maire socialiste de Grenoble (Isère), s’était inquiété de ce que la mesure entraînait beaucoup de risques pour les villes et d’éventuelles illusions pour les bénéficiaires, avec une durée de contrat courte (un an) et une difficulté à trouver les trois mois de stages en entreprise. Il remarquait que l’État reprochait aux villes d’embaucher trop…
Laurent Wauquiez a également indiqué que, à la fin de l’année, l’État aura payé « tout ce qu’il doit » aux maisons de l’emploi.
Nous reviendrons dans les jours prochains sur le reste des échanges dans la conférence.
Augustin de Romanet, directeur général de la CDC

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